Même en étant adepte des semenciers bio (Kokopelli et Semailles principalement), j'avoue que je n'avais jamais fait très attention à cette petite mention "F1" très discrète sur certains sachets de graines du commerce.

Semences hybrides F1

F1 et jardinage spontané : incompatible

Un de mes grands bonheurs au jardin, c'est de laisser vivre aux légumes leur cycle complet : juste après le semis, j'observe les jeunes pousses pour apprendre à les reconnaître, je ne cueille pas tous les légumes à maturité (tant je les trouve beaux !), je les laisse monter en fleur (après l'hiver pour la plupart des légumes) et je laisse leurs graines se disperser dans la terre de la permaculture.

Au printemps suivant, soit 2 ans après le premier semis, vient la récompense : le légume s'est ressemé tout seul, au bon endroit, sans se soucier de la lune ou des Saints de Glace,...

Cette façon de jardiner, en harmonie avec ses plantes, n'est pas possible si l'on sème des hybrides F1.

Permaculture Semis naturels dans la permaculture

En effet, un hybride est issu du croisement de deux variétés différentes d'une même espèce. Seule la première génération (dite F1) va avoir les caractéristiques annoncées sur le paquet de graines.

Un exemple

Imaginos un épinard à grosses feuilles et à tige robuste obtenu en croisant :
- un épinard à grosse tige et petites feuilles
- un autre à grosses feuilles mais peu productif.

Si on récolte les graines de l'hybride ou qu'on les laisse simplement se ressemer, elles vont donner, dans la génération F2, des plantes aux caractéristiques variables : certaines identiques à la plante "mère", mais d'autres avec des caractéristiques des "grands-parents", pas toujours intéressantes pour le jardinier.

Dans notre exemple, on aurait 1/4 d'épinards à petites feuilles, 1/4 peu productif, et la moitié semblable aux parents.

Pour l'agriculteur, il n'est pas possible de récolter les graines issues d'hybrides F1 car la perte de rendement serait trop importante : au moins 25% des plantes de la génération F2 seront non conformes.

Par contre, les légumes hybrides sont souvent plus résistants, mieux calibrés, bref : idéaux pour une agriculture industrialisée et standardisée.

Donc il suffit de racheter des semences chaque année ?

C'est vrai que si on regarde juste le prix dérisoire d'un sachet de semences, on ne voit pas l'intérêt de conserver, de récolter et de partager ses graines.

Pourtant, les semences des espèces cultivées chez vous (récoltées sur les plus beaux spécimens) donneront des légumes mieux adaptés à votre sol et à votre climat. Et face aux pratiques des semenciers (semences stériles notamment), il est temps que les jardiniers fassent de petits gestes de résistance, pour protéger, reproduire et échanger les anciennes variétés potagères.

Bien choisir ses semences

C'est avec effroi que j'ai trouvé des panais, des tomates et du komatsuna "F1" dans mes semences. Mes panais allaient justement monter en graines, je les ai arrachés en grinçant des dents : on ne m'y reprendra plus !

Tomates cerise hybrides F1 Komatsuna de Baumaux, encore un hybride F1

Pour en savoir plus :